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10.03.2008
La stratégie du faible au fort
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La stratégie du faible au fort
C’est le choix délibéré de la stratégie du faible au fort<!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]--> qui nous donnera les moyens de battre des adversaires politiques qui disposent de davantage de moyens que nous.
Le mode de financement des partis politiques conforte les forts.
En France, ce sont les subventions publiques qui sont la principale source de revenus d’un parti politique. Au lendemain des élections législatives, chaque parti bénéficie de plus ou moins de subventions selon le nombre de voix qu’il a obtenues. Additionnés, les frais de fonctionnement d’un parti d’envergure nationale, ses frais de présence sur le terrain, et tout particulièrement ses frais de campagne et d’existence dans l’univers médiatique, représentent des sommes considérables. Toute la difficulté est donc de dépenser suffisamment pour se tailler une place dans la concurrence pour obtenir les voix des électeurs, sans pousser les dépenses jusqu’au point où les voix obtenues ne donneront pas droit à assez de subventions pour maintenir des capacités financières suffisantes.<!--[if !supportFootnotes]-->[2]<!--[endif]-->
Par ailleurs, comme toutes les élections à deux tours favorisent mécaniquement les deux partis qui s’y qualifient le plus souvent, en l’occurrence l’UMP et le PS, ces deux formations bénéficient d’un avantage financier conséquent sur les autres partis en général, le nôtre en particulier. A l’issue des législatives de 2007, pour chaque euro de subventions publiques touché par le MoDem, l’UMP en a touchés 7.47, et le PS en a touchés 4.98, ce qui indique à quel point nous sommes financièrement désavantagés par rapport aux partis du duopole. Par conséquent, si nous tentons d’adopter le même mode de fonctionnement et surtout les mêmes ordres de grandeur de dépenses que ces deux principaux concurrents, nous n’aurons pas les moyens de tenir le rythme. Cette réalité pratique nous oblige donc, pour la viabilité de notre mouvement, à adopter un mode de fonctionnement radicalement différent de celui des « grosses machines » UMP et PS.
Stratégie du faible au fort : la guerre asymétrique en politique.
C’est à ce stade de notre raisonnement qu’intervient la notion de stratégie du faible au fort, ou guerre asymétrique, issue de la stratégie militaire mais applicable au combat politique<!--[if !supportFootnotes]-->[3]<!--[endif]-->. Militairement parlant, une guerre asymétrique est une guerre qui oppose la force armée d’un État à des combattants dont l’armement est comparativement insignifiant, mais qui se servent des points faibles de l’adversaire pour parvenir à leur but. Politiquement, la stratégie du faible au fort consistera pour notre mouvement à :
- intégrer que nos moyens sont très largement plus faibles que ceux des partis du duopole,
- ne pas en déduire que nous devons essayer de nous hisser à leur niveau capacitaire, ce qui serait une « course aux armements » perdue d’avance,
- en déduire que nous devons adopter un fonctionnement radicalement différent de celui des partis du duopole, selon une configuration de type « David contre Goliath » où l’ingéniosité de la fronde l’emporte sur le gigantisme physique de l’adversaire.
D’un point de vue opérationnel, adopter la stratégie du faible au fort nous amène à suivre systématiquement quatre axes forts dans nos actions, notre communication et notre façon de nous organiser :
- jouer délibérément le qualitatif contre le quantitatif,
- privilégier les méthodes non-conventionnelles de militantisme politique, c’est-à-dire les façons de militer dans l’espace public qui détonent par rapport au militantisme classique et le prennent par surprise ;
- rentabiliser au maximum l’impact médiatique de l’utilisation des moyens dont nous disposons,
- éliminer toute source de gaspillage et d’effets doublons dans notre fonctionnement quotidien et notre chaîne hiérarchique.
Citons en particulier quelques exemples très concrets de méthodes non-conventionnelles de militantisme politique qui entrent dans cette logique de stratégie du faible au fort :
- le lobbying sur des enjeux locaux exercé directement par des militants de notre mouvement dans l’espace public,<!--[if !supportFootnotes]-->[4]<!--[endif]-->
- l’agitprop,
- la propagation sur Internet,
- les actions culturelles (happenings à forte symbolique dans des lieux publics, théâtre de rue, chansons engagées, clips vidéos, etc.),
- les sit-in,
- le militantisme économique (boycott, commerce équitable, etc.),
- dans les cas extrêmes, la désobéissance civile (acte public et collectif d’insoumission à une règle de droit au nom de principes éthiques supérieurs).
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